
Aux tabous, stigmatisations et silences qui entourent les menstrues s’ajoute une autre réalité douloureuse : la précarité menstruelle.
Pour de nombreuses filles, femmes et personnes menstruées africaines, l’accès à des protections hygiéniques de qualité et à un coût accessible reste un luxe. Entre le prix élevé des protections menstruelles, lié notamment à leur fiscalisation, le manque d’informations fiables, l’insuffisance d’infrastructures sanitaires adaptées et l’absence de politiques publiques efficaces, beaucoup sont contraintes d’utiliser des morceaux de tissu non stérilisés, du coton, du papier ou d’autres alternatives inadaptées pour gérer leurs règles.
La précarité menstruelle coûte aux jeunes filles leur éducation !
La précarité menstruelle a des conséquences directes sur l’éducation des jeunes filles.
Certaines n’ont d’autre choix que de manquer les cours pendant leurs règles, par peur des moqueries, des fuites de sang ou en raison du manque de toilettes adaptées dans les établissements scolaires. D’autres finissent progressivement par abandonner leur scolarité.
Cette situation est particulièrement observée dans plusieurs pays du Sud, notamment en Afrique. Les inégalités économiques et le manque d’infrastructures exposent davantage les personnes menstruées à des conditions d’hygiène précaires, avec des conséquences directes sur leur santé, leur dignité et leur accès à l’éducation.

La précarité menstruelle n’est jamais acceptable.
Les menstruations, une question de santé publique
Les règles sont souvent considérées comme une affaire privée ou exclusivement féminine. Pourtant, les menstruations constituent aussi une véritable question de santé publique et de dignité humaine.
Au-delà des réalités précédemment évoquées, de nombreuses personnes menstruées vivent chaque mois avec des douleurs physiques parfois invalidantes : crampes, migraines, fatigue intense, fièvre, vomissements et d’autres pathologies comme l’endométriose ou encore le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP, ancien SOPK).
Malgré leurs impacts sur la santé et la qualité de vie, ces douleurs restent largement banalisées, à la maison, au travail, mais aussi par certains professionnels de santé. Beaucoup grandissent en entendant des phrases comme : « c’est normal d’avoir mal », « les femmes ont toujours supporté ça » ou encore « tu exagères ». Cette normalisation de la souffrance contribue à invisibiliser des maladies souvent graves.
Dans plusieurs sociétés africaines, le manque d’éducation menstruelle et l’accès limité aux soins aggravent davantage la situation. Certaines personnes menstruées n’ont jamais consulté de spécialiste ou ignorent même que leurs douleurs peuvent être anormales.
Faute d’informations, de ressources financières ou par peur de ne pas être prises au sérieux, certaines préfèrent souffrir en silence.
Parler des menstruations comme d’une question de santé publique, c’est reconnaître que le bien-être des personnes menstruées mérite une réelle attention médicale, sociale et politique. Les politiques publiques ont le devoir d’en faire une priorité pour le bien-être de toutes et tous.
Note de la rédaction : Ceci est la deuxième partie de notre série sur la dignité menstruelle en Afrique. Nous vous invitons à lire la suite dans le prochain article.







Note de la rédaction : Ceci est la première partie de notre série sur la dignité menstruelle en Afrique. Nous vous invitons à lire la suite dans le prochain article.