Sous Diomaye et Sonko, le Sénégal se prépare à durcir la répression de l’homosexualité

L’Assemblée nationale du Sénégal examine ce mercredi 11 mars un projet de loi visant à durcir la répression des relations entre personnes de même sexe. Si le texte est adopté, la peine maximale pourrait atteindre dix ans de prison, soit le double de la sanction actuelle.
Cette initiative intervient dans un climat de pression croissante contre les personnes LGBTQ+. Ces dernières semaines, plusieurs arrestations ont été signalées dans le pays. Début février, une douzaine d’hommes ont été interpellés, dont deux personnalités connues localement, accusées d’« actes contre nature » — une qualification pénale utilisée pour désigner les relations homosexuelles.
Depuis, des interpellations seraient rapportées presque quotidiennement, selon la presse locale. Certaines auraient été déclenchées à partir d’accusations publiques ou de fouilles de téléphones portables. Les identités de plusieurs personnes arrêtées ont également circulé publiquement, alimentant un climat de stigmatisation.
L’excuse de la religion…
Amplifiant cette répression, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a dit porter “personnellement ” le projet de loi qu’il “assume pleinement”. S’il est validé, le texte ne se limiterait pas à renforcer les sanctions contre les relations entre personnes de même sexe. Il prévoit aussi des peines de prison contre celles et ceux qui défendraient ou soutiendraient les droits des personnes LGBTQ+.
Dans un pays majoritairement musulman et profondément religieux, la question de l’homosexualité reste extrêmement sensible.
D’ailleurs, dans un entretien accordé au média allemand “Deutsche Welle”, l’ex-Première ministre sénégalaise Aminata Touré, dite “Mimi Touré” avait récemment justifié ce durcissement comme suit : ” Le Sénégal est un pays musulman. 95 % de la population est musulmane. Il est évident que nos lois vont refléter nos réalités et nos croyances.”
L’inquiétude des organisations de défense des droits humains
Face à la gravité de la situation, Human Rights Watch a exprimé son “inquiétude concernant la criminalisation des relations entre personnes de même sexe et la sécurité des personnes vivant avec le VIH/SIDA”.
La fédération internationale pour les droits humains, (FIDH) a pour sa part dénoncé une “réforme qui s’inscrit dans une dynamique de discours hostiles aux droits des personnes LGBTQ+, souvent justifiés au nom de “valeurs culturelles” ou religieuses”.
Pourtant, poursuit le communiqué de la FIDH, “dans de nombreux pays africains, les législations pénalisant l’homosexualité trouvent leur origine dans des codes hérités de la colonisation. Cet héritage colonial est trop souvent méconnu ou nié pour promouvoir l’idée d’un “agenda occidental” qui imposerait le respect des droits des personnes LGBTQ+.
Reste désormais à savoir si le projet de loi sera validé par l’Assemblée ou pas…








