5 choses à savoir sur Mariam Chabi Talata, vice-présidente du Bénin

Réélue en avril 2026, Mariam Chabi Talata entame son deuxième mandat en tant que Vice-présidente de la République du Bénin, après avoir été réinvestie aux côtés du nouveau président Romuald Wadagni.

Première femme à accéder à la vice-présidence du Bénin, Mariam Chabi Talata s’est imposée dans un univers politique dominé par les hommes et empreint de sexisme et de machisme. Son parcours révèle une figure discrète mais stratégique.

1. Un parcours forgé par l’excellence

Avant d’entrer en politique, Mariam Chabi Talata a fait carrière dans l’enseignement secondaire. Diplômée en philosophie à l’université d’Abomey-Calavi, elle poursuit sa formation à l’École normale supérieure de Porto-Novo, où elle se distingue, en 1991, par le certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire (Capes).

Elle gravit ensuite les échelons du système éducatif béninois : professeure, inspectrice puis directrice de l’enseignement secondaire général  jusqu’en 2019, où son engagement politique prend le dessus.

2. Une ascension politique fulgurante

Originaire de Parakou, Mariam Chabi Talata commence son engagement politique au sein de l’Union pour la démocratie et la solidarité (UDS). Élue conseillère municipale, elle s’impose progressivement dans les cercles politiques locaux avant de rejoindre les soutiens de Patrice Talon, alors candidat de l’opposition, lors de l’élection présidentielle de 2016.

Très vite, elle adhère et défend les idées du chef de l’Etat, même celles controversées.

En 2019, elle accède à l’Assemblée Nationale du Bénin, en tant que Députée de la 8ème législature où elle devient Vice-Présidente de l’institution. Une première !

Malgré son ascension sur la scène politique béninoise, Mariam Chabi Talata reste discrète, prend peu d’initiatives publiques et est peu présente dans les médias. “Ceux qui la connaissent la décrivent cependant comme une fausse discrète.” écrivait le média Jeune Afrique à propos d’elle en 2021.

3. Première femme vice-présidente du Bénin

En 2021, Patrice Talon, alors candidat à sa propre succession, la désigne comme colistière pour l’élection présidentielle. Après leur victoire, Mariam Chabi Talata devient la toute première femme vice-présidente du pays.

Même si la fonction reste largement institutionnelle, elle occupe une place stratégique dans l’architecture du pouvoir béninois. c’est le ou la vice-président.e qui assure l’intérim en cas de décès ou d’empêchement prolongé du président. Et ce jusqu’à la fin du mandat pour lequel il a été élu. 

Rien que de ce point de vue, sa nomination marque une étape importante pour la représentation des femmes en politique.

4. Un engagement timide mais réel pour les droits des femmes et des filles

Tout·e observateur·trice honnête l’admettra : l’amélioration de la condition des femmes et des filles au Bénin ne semble pas être le centre de la priorité de Mariam Chabi Talata. Un constat qui peut surprendre, puisqu’avant d’accéder au sommet de l’État, elle s’était déjà engagée contre les inégalités de genre.

À la fin des années 1990, elle a contribué à la création de l’ONG Equi-fille, qui œuvre pour la scolarisation et le maintien des filles dans le système éducatif. À l’époque, bien que la Constitution béninoise garantisse déjà l’égalité entre les hommes et les femmes, les Béninoises restent largement marginalisées et leurs droits souvent bafoués.

Elle a également été la première présidente de l’Union des Femmes Élues Conseillères des départements de l’Alibori, du Borgou et des Collines (U.Fe.C. ABC), de 2009 à 2015.

Si elle continue de soutenir certaines initiatives en faveur des femmes et des filles, il lui est souvent reproché un manque d’engagement solide et l’impact limité de ses actions sur ces questions.

5. Une figure d’inspiration

Le 24 mai 2026, Mariam Chabi Talata, 62 ans, a été reconduite au poste de vice-présidente du Bénin, consolidant ainsi sa place dans l’appareil étatique.

Reste à voir si elle utilisera davantage son influence politique pour porter des réformes majeures en faveur des femmes et des filles. Mais dans un contexte où les Africaines demeurent minoritaires dans les hautes sphères du pouvoir, sa présence à ce niveau constitue déjà un précédent important — et un signal fort pour les nouvelles générations.

Visuel officiel du duo Wadagni-Talata

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