Quelle est la difference entre hygiène menstruelle, santé menstruelle et dignité menstruelle ?

De plus en plus d’activistes aujourd’hui préfèrent parler de dignité et santé menstruelle plutôt que d’hygiène menstruelle.

Ces trois notions sont liées, mais elles ne désignent pas exactement la même chose. Elles représentent en quelque sorte trois niveaux de compréhension des règles et des besoins des personnes menstruées.

1. Hygiène menstruelle

L’hygiène menstruelle concerne surtout les aspects pratiques et sanitaires liés aux règles.

Cela inclut :

  • l’accès à des protections menstruelles propres et sûres ;
  • l’accès à l’eau, au savon et à des toilettes adaptées ;
  • la possibilité de changer et jeter les protections en toute sécurité ;
  • la prévention des infections.

Exemple : une école ou une entreprise qui met des toilettes propres et des serviettes hygiéniques à disposition contribue à l’hygiène menstruelle.

Pendant longtemps, les politiques publiques se sont surtout concentrées sur cet aspect. D’ailleurs, depuis 2014, la journée internationale de l’hygiène menstruelle est célébrée chaque 28 mai. Elle vise à briser les tabous et à sensibiliser à l’importance d’une bonne hygiène menstruelle, une ambition noble, mais de plus en plus jugé réducteur par les activistes. Elles estiment que lier les règles à laquestion de propreté pose aussi problème, car cela peut renforcer l’idée que les menstruations seraient quelque chose de « sale ».

“Le cadrage des menstruations, hérité d’une approche biomédicale, réduit les règles à une question de “propreté” et un problème sanitaire à gérer, occultant leur portée sociale, culturelle et politique”, explique l’ONG Equipop, qui mène la campagne “Sang pour Sang : uni.e.s pour la dignité”, dans la région d’Afrique de l’Ouest.

2. Santé menstruelle

La santé menstruelle est une notion plus large. Elle ne parle pas seulement de propreté, mais du bien-être physique, mental et social lié au cycle menstruel.

Elle comprend :

Exemple : former des adolescentes à comprendre leur cycle et permettre un accès aux soins en cas de douleurs relève de la santé menstruelle.

Parler de santé menstruelle permet donc de replacer les menstruations dans un cadre médical et éducatif plus large.

3. Dignité menstruelle

La notion de dignité menstruelle ajoute une dimension politique et sociale. Elle défend l’idée qu’aucune personne menstruée ne devrait :

  • être humiliée à cause de ses règles ;
  • manquer l’école ou le travail ;
  • subir des discriminations ;
  • être exclue de certaines activités religieuses ou sociales ;
  • avoir honte de son corps.

Selon Floriane Klinklin Acouetey, féministe togolaise et experte en genre, chargée du projet Sang pour Sang chez Equipop, “toutes ces problématiques ne seront pas résolues uniquement par des infrastructures sanitaires. Une approche féministe et donc basée sur les droits est nécessaire pour combattre ces discriminations et promouvoir la dignité des personnes menstruées.”

La dignité menstruelle combat aussi la précarité menstruelle, qui touche des millions de femmes et de filles sur le continent africain. Les activistes réclament notamment des politiques publiques adaptées et la gratuité ou la baisse des taxes sur les protections menstruelles.

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