
Au moins cinq femmes accusent le cardinal Cristóbal López Romero, en poste à Rabat depuis 2018, de violences sexuelles.
Le cardinal Cristóbal López Romero, archevêque de Rabat, a annoncé mardi 7 juillet son retrait temporaire après que plusieurs femmes ont signalé des comportements sexuels inappropriés à son encontre. L’affaire a été révélée par l’AFP.

Au moins cinq femmes accusent le cardinal Cristóbal López Romero, en poste à Rabat depuis 2018, de violences sexuelles.
Au moins cinq femmes ont mis en cause le cardinal Cristóbal López Romero, prélat espagnol de 74 ans, en poste à Rabat depuis 2018. Les faits allégués sont de nature et de gravité différentes selon les témoignages.
L’une des accusatrices décrit des agressions sexuelles répétées, débutant fin 2024. Elle affirme en avoir informé dès le début le vicaire général Marc Helfer, adjoint direct de l’archevêque, avant d’adresser un courrier à la nonciature apostolique, l’ambassade du Vatican au Maroc, le 22 avril dernier. Un second témoignage écrit, transmis à la même nonciature le 9 mai, décrit des gestes physiques jugés déplacés : des accolades “particulièrement appuyées et prolongées” et une tentative de rapprochement physique. Trois autres femmes auraient relaté des faits similaires, selon une source interne à l’archidiocèse.
Face aux accusations, le cardinal a nié toute “agression, violence ou harcèlement sexuel2. C’est après avoir été contacté par l’AFP pour recueillir sa réaction qu’il a publié un communiqué annonçant son retrait temporaire.
“Je suis accusé de comportements inappropriés à l’égard de femmes adultes”, écrit-il. “Cette situation a conduit l’Église à ouvrir une enquête préliminaire.” Il indique qu’il va “prendre du recul” et ne présidera pas de célébrations publiques “pour ne pas entraver” l’enquête, et demande aux fidèles de prier “pour ceux qui souffrent de cette situation” et de prier pour lui.
La chronologie mérite d’être notée : les premiers signalements remontent à fin 2024, les courriers à la nonciature ont été transmis en avril et mai 2025. Le retrait du cardinal n’est intervenu qu’après la publication de l’affaire par l’AFP, le 7 juillet 2026.
À ce stade, aucune plainte n’a été déposée auprès de la justice marocaine. L’affaire est traitée en interne au sein de l’Église et risque de ne connaître aucune suite réelle, comme tant d’autres avant elle.
Le cardinal López Romero n’est pas un prélat ordinaire : il figurait parmi les favoris pour succéder au pape François lors du dernier conclave. Engagé dans le dialogue interreligieux, il bénéficiait d’une bonne réputation au Maroc : figure progressiste, engagée socialement dans un pays à majorité musulmane où la présence catholique est minoritaire.









