
Lors des précédentes Epidémies, les femmes ont été exposées à Ebola de manière disproportionnée.

Lors des précédentes Epidémies, les femmes ont été exposées à Ebola de manière disproportionnée.
Depuis quelques semaines, une nouvelle épidémie d’Ebola se propage dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), et aussi en Ouganda, dans les zones frontalières à la RDC.
Historiquement, les femmes sont plus susceptibles que les hommes de mourir lors d’une épidémie d’Ebola. Ce n’est pas parce que la maladie est plus mortelle pour elles, c’est simplement parce qu’elles y sont plus exposées.
C’est pourquoi il est important d’adapter la prévention pour mieux se protéger. En tant que femme, voici donc cinq choses que tu dois savoir sur Ebola :
1. Qu’est-ce qu’Ebola ?
Ebola est une maladie réelle, potentiellement mortelle, causée par un virus. C’est la 17ᵉ fois que l’épidémie frappe la RDC depuis 1976. Cette fois, le virus vient d’une souche qu’on appelle Bundibugyo. Il s’agit d’une souche rare, pour laquelle il n’existe pas encore de vaccin, ni de traitement spécifique. C’est pourquoi L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une alerte sanitaire internationale.
2. Comment ce nouveau variant est-il arrivé ?
Dans le cas de l’épidémie actuelle, on pense que la première personne à avoir été touchée aurait été une infirmière, décédée le 24 avril. Plusieurs personnes auraient été en contact avec elle et avec son corps, sans savoir qu’elle était contaminée. La maladie a donc eu le temps de se propager, avant que le gouvernement congolais ne l’annonce, le 15 mai.
En dehors de la RDC, l’Ouganda est le seul autre pays où le virus s’est propagé pour l’instant.
À ce jour (3 juin), et selon les chiffres officiels de l’OMS, il y a environ 116 cas suspects, pour 330 cas confirmés, dont 49 décès et six guérisons. En Ouganda, l’OMS a confirmé neuf infections, dont un décès.
3. Comment Ebola transmet-il ?
Les virus Ebola touchent généralement les animaux, surtout les chauves-souris, mais peuvent se transmettre chez l’humain en cas de contact avec des animaux infectés.
La transmission humaine se fait surtout par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée :
- sang,
- sueur,
- vomissements,
- selles,
- salive,
- lait maternel,
- sperme
Il est aussi possible de l’attraper lorsqu’on entre en contact avec des objets ou surfaces contaminés (aiguilles, literie etc.).
Les symptômes apparaissent dans un délai de deux à 21 jours. Ils surviennent soudainement et s’annoncent comme une grippe, avec de la fièvre, des maux de tête et de la fatigue. Ebola ne se transmet pas par voie aérienne, ce qui limite le risque d’avoir une pandémie à l’échelle du Covid-19.
4. Les femmes sont plus exposées que les hommes
Cela a été clairement observé lors des précédentes épidémies d’Ebola, comme le rappelle ONU Femmes. Les femmes ont souvent été environ 60 % des cas signalés d’Ebola. Au Libéria en 2014, dans certaines communautés, les femmes représentaient même jusqu’aux trois quarts des décès dus à cette maladie extrêmement contagieuse et dangereuse.
Ce n’est pas une question de biologie. C’est une question de rôles imposés par la société patriarcale.
Traditionnellement, les femmes sont celles qui gardent les malades. Ce sont elles qui soignent le mari, la mère, l’enfant à la maison. Ce sont elles qui préparent les repas. C’est encore elles, souvent, qui lavent et préparent les corps lors des cérémonies funéraires. Les femmes sont aussi souvent les infirmières qui administrent des soins aux patients, ou des sage-femmes qui accompagnent des femmes pendant la grossesse et l’accouchement.
D’ailleurs, les femmes enceintes sont exposées à des risques supplémentaires car elles ont plus souvent recours aux services de santé. Pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement, une femme infectée peut transmettre Ebola à son bébé. À cela s’ajoute le fait que lorsque les communautés sont mises en quarantaine, les femmes et les filles sont davantage exposées aux risques de violences sexistes, pire encore dans un contexte de conflit armé.
C’est pour toutes ces raisons que les courent souvent un risque accru d’exposition au virus. Ce n’est pas une fatalité, c’est simplement le résultat d’une société qui échoue à protéger les femmes.
5. Comment se protéger face à Ebola en tant que femme ?

©UNICEF. Une survivante d’Ebola, prend soin de son fils dans une crèche soutenue par l’UNICEF à Beni, dans l’est de la RDC (photo d’archives)
Comme on l’a dit plus haut (dans le premier point), il n’existe pas encore de vaccin contre cette souche d’Ebola. Mais ce n’est pas une raison de paniquer, c’est une raison de rester informée, car la prévention est le premier levier de protection.
Ebola ne se transmet pas par voie aérienne. On ne l’attrape pas en respirant simplement le même air qu’une personne malade. La transmission se fait par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée, comme on l’a vu au point trois.
Les gestes qui protègent :
- se laver les mains régulièrement avec du savon et de l’eau,
- désinfecter régulièrement les surfaces,
- éviter tout contact avec une personne présentant des symptômes,
- ne pas participer aux toilettes funéraires sans protection,
- consulter immédiatement en cas de fièvre, douleurs abdominales, vomissements ou saignements inexpliqués,
- porter régulièrement un masque sur son nez et utiliser une solution hydroalcoolique pour se désinfecter régulièrement les mains lorsqu’on est dehors,
- éviter autant que possible de se rendre dans les zones touchées,
- éviter la manipulation ou la consommation d’animaux (vivants, malades ou morts), y compris la viande de brousse.
Si vous vous êtes rétablie de la maladie Ebola (ou votre partenaire):
- demandez conseil à votre médecin ou sage-femme concernant l’allaitement maternel (il est recommandé de l’éviter dans les premiers mois après la guérison),
- évitez les contacts sexuels pendant au moins 12 mois; ou
- utilisez les préservatifs correctement et de manière systématique.
Enfin, que vous soyez concernée ou non, évitez la désinformation et la propagation d'”astuces” dangereuses et non prouvées. Partagez plutôt des informations utiles, comme cet article, avec les femmes autour de vous.








