
Des activistes et organisations de la société civile demandent au président ghanéen de ne pas signer la loi anti-LGBTQ adoptée par le parlement.
Ghana : la campagne #BackToSender exige le renvoi de la loi anti-LGBTQ+ au Parlement

Des activistes et organisations de la société civile demandent au président ghanéen de ne pas signer la loi anti-LGBTQ adoptée par le parlement.
Sous le hashtag #BackToSender (retour à l’envoyeur), une coalition de plus de 100 organisations africaines de la société civile demande au président ghanéen John Mahama de renvoyer le projet de loi devant le Parlement afin qu’il soit soumis à un processus plus transparent et démocratique. La coalition estime que le texte a été adopté à la hâte, sans transparence ni examen suffisant.

Visuel de la campagne #Backtosender
Le projet de loi en question
Le 29 mai 2026, le Parlement ghanéen a adopté pour la deuxième fois le Human Sexual Rights and Family Values Bill, connu sous le nom de loi anti-LGBTQ+. Le vote s’est tenu en l’absence de 244 des 276 député·es que compte l’assemblée, par simple voix, sans débat public préalable.
Si elle est promulguée, cette législation :
- criminalisera le fait de s’identifier comme LGBTQ+ ou comme allié·e, avec des peines pouvant aller jusqu’à 3 ans de prison ;
- imposera aux citoyen·nes l’obligation de dénoncer les personnes suspectées d’être LGBTQ+ aux autorités ;
- entraînera la dissolution des organisations de soutien aux droits LGBTQ+ ;
Comme d’autres pays africains, le Ghana criminalisait déjà les relations entre personnes de même sexe en vertu de la loi héritée de l’époque coloniale. Ce nouveau texte va considérablement plus loin.
Un processus opaque, sans considération des principes démocratiques
Dans un communiqué commun publié depuis Accra, les organisations signataires dénoncent avant tout les conditions d’adoption du texte. Elles estiment que le Parlement a fait passer « l’une des
législations les plus conséquentes de son histoire récente sans que le dossier ne soit accessible au public qu’il gouverne ».
La coalition rappelle que l’absence d’objections lors d’une séance de 32 député.es sur 276 ne constitue pas une légitimité démocratique. Elle revendique un renvoi du texte au Parlement pour un débat ouvert et inclusif, impliquant toutes les parties de la société civile.
Les organisations alertent également sur les conséquences sanitaires de la loi : la stigmatisation et la peur qu’elle génère pourraient dissuader des personnes de se rendre dans les centres de santé, notamment pour les traitements liés au VIH.
La balle est dans le camp de Mahama
Interrogé lors d’une visite au Royaume-Uni en début de semaine, le président Mahama a reconnu l’existence de questions procédurales et juridiques entourant le vote. Il a notamment indiqué avoir lancé un « examen juridique approfondi » et que le texte sera aussi soumis au Conseil d’État.
Il n’a pas encore décidé s’il signerait ou non le texte. La campagne #BackToSender lui adresse un message direct : il est encore temps.
Sources : MambaOnline (3 juin 2026), Ghana News Agency (30 mai 2026), OpenDemocracy (5 juin 2026).









