
Les féministes refusent le silence complice des autorités.

Les féministes guinéennes refusent le silence complice des autorités face aux violences sexuelles.
Ce jeudi 23 juillet 2026 a été décrété “jeudi noir” par des féministes en Guinée, qui dénoncent une avalanche de violences sexuelles contre les femmes et les filles. Ces dernières semaines, plusieurs affaires de viol à Balandougouba, une localité de la préfecture de Mandiana, dans le Nord-Est de la Guinée sont devenues publiques sur les réseaux sociaux. Des accusations se sont multipliées : viols de mineures, chantage sexuel, diffusion de vidéos de viol.
Tout cela dans le silence complet, voire complice des autorités.
En se vêtant de noir et en saturant les réseaux sociaux du hashtag #JeudiNoir, les féministes guinéennes ont réussi à rendre visible ce que certains essayent de traiter comme une affaire privée.
Dans une vidéo sur ses réseaux sociaux, la féministe guinéenne Kadiatou Konate a exprimé l’ampleur du problème : “Le viol est devenu presque normal en Guinée”. Elle pointe du doigt le laxisme de nos autorités, la lenteur du système judiciaire, la banalisation de ces violences et le mépris envers les victimes.
Selon la journaliste et féministe guinéenne Aminata Pilimini Diallo, qui s’est également exprimée sur sa page Facebook, des rumeurs d’arrangement à l’amiable et de désistement des familles circulent. En rejettant ces tentatives, elle rappelle que le viol, comme toutes les autres formes de violences faites aux femmes, n’est pas une affaire privée, mais un crime qui doit être traité avec toute la gravité qu’il mérite.
“Nous exigeons l’ouverture du procès dans les meilleurs délais. Nous exigeons que cette affaire soit examinée avec toute la rigueur qu’impose la gravité des faits et que les auteurs soient condamnés à la hauteur des crimes commis.” a-t-elle déclaré.
Les féministes guinéennes n’ont pas crié seules. Des centaines de citoyens, de figures publiques et d’activistes des droits humains de Guinée et d’ailleurs se sont joints à elles, relayant leurs messages, se vêtant de noir, saturant les réseaux de #JeudiNoir.
La Ligue Ivoirienne des Droits des Femmes a exprimé sa “profonde sororité” envers celles qui continuent de dénoncer ces violences et de réclamer justice. Le collectif des féministes du Sénégal a pour sa part affirmé que “en décrétant un Jeudi noir, elles [les féministes de Guinée, ndlr] dénoncent les violences sexuelles et l’impunité qui les perpétue. Leur combat est le nôtre.”








