
À travers cette campagne, les féministes africaines réclament l’accès aux clauses des contrats G2G signés au nom des populations.
Depuis fin 2025, les États-Unis ont signé des accords de santé bilatéraux avec une vingtaine de pays africains, dans le cadre de la stratégie sanitaire américaine dite « America First ».
Le contenu de ces accords, négociés après le démantèlement de l’agence américaine USAID, reste largement opaque : certains textes n’ont jamais été officiellement publiés, d’autres ont brièvement été mis en ligne avant d’en être retirés. Human Rights Watch, qui a analysé sept de ces accords en juin 2026, a documenté des dispositions préoccupantes pour les droits humains, notamment en matière de données sanitaires et de droits reproductifs.
C’est dans ce contexte que des féministes africaines ont mené une campagne digitale régionale sous le hashtag #NosCorpsNeSontPasUneClause. Leur mobilisation porte sur deux fronts : l’exigence de transparence démocratique autour de ces accords, et la défense des acquis en matière de droits et de santé sexuels et reproductifs (DSSR) que ces textes menacent.
Leurs messages aux gouvernements :
“La santé des femmes et des filles en Afrique n’est pas négociable. C’est un droit garanti par nos législations. Les accords ne doivent pas les exclure.”
“Un accord qui engage notre système de santé sur 5 ans doit être public. Nous réclamons l’accès aux clauses des contrats G2G signés en notre nom. La transparence n’est pas une faveur.”
“Nos Etats reçoivent des millions dans le cadre des US Compact. Quelle part pour la planification familiale ? Pour la santé des adolescentes ? Pour lutter contre les violences basées sur le genre (VBG) ? On exige des chiffres.”
“Des accords qui touchent notre santé ont été signés sans consultation des communautés. Pour la prochaine revue, on exige une table ronde avec les organisations de la société civile, les leaders communautaires et les jeunes.”
“60 % de notre population a moins de 25 ans. Déprioritariser les DSSR auourd’hui, c’est hypothéquer la santé de demain. Les jeunes ont droit à des services accessibles et confidentiels.”
Leurs messages aux communautés
“Les décisions ayant un impact sur la santé des populations gagnent à être accompagnées d’espaces de dialogue avec les organisations de la société civile, les leaders communautaires et les jeunes. Une participation inclusive renforce l’efficacité et l’appropriation des politiques publiques.”
“Les agents de santé communautaires sont souvent les seuls soignants accessibles dans nos quartiers et nos villages. Leur financement ne doit pas être sacrifié. Sans eux, les femmes n’ont plus rien”
“Nous ne sommes pas spectatrices. Nous allons suivre chaque franc dépensé pour la santé reproductive dans nos districts. Nous allons interpeller nos députés, nos maires, nos ministres. Nos corps ne sont pas une clause.”
“Les communautés, les organisations citoyennes et les acteurs locaux peuvent contribuer au suivi des engagements en matière de DSSR. Un dialogue régulier autour des résultats, des budgets et des priorités permet de renforcer la redevabilité et l’amélioration continue des services.”
“La protection des données sanitaire est essentielle. La publication regulière d’informations sur les mécanismes de gestion, de protection et d’utilisation des données agrégées contribuerait à renforcer la confiance des citoyens.”
“Le renforcement du financement national représente une étape importante vers une plus grande autonomie du système de santé. Cette transition doit garantir la continuité des services et la disponibilité permanente des produits essentiels dans les structures sanitaires.”










