
Un projet de loi a été introduit en Caroline du Nord pour redéfinir le cadre de l'avortement. Un des articles permettrait de tuer les femmes qui souhaitent avorter ou celles qui utilisent certains contraceptifs.
Un projet de loi autorisant à tuer les femmes qui veulent avorter aux USA ?

Un projet de loi a été introduit en Caroline du Nord pour redéfinir le cadre de l’avortement. Un des articles permettrait de tuer les femmes qui souhaitent avorter ou celles qui utilisent certains contraceptifs.
Il a peu de chance de passer, pourtant il a déjà gagné.
En Caroline du Nord, aux Etats-Unis, un élu républicain (le parti de Donald Trump) a déposé le 13 mai 2026 un projet de loi qui propose de définir la vie humaine “dès la fécondation”, de qualifier tout avortement de “meurtre au premier degré”, et d’autoriser le recours à “la force létale” pour défendre cette vie. Traduit en langage simple: tuer une femme qui avorte pourrait être légalement justifié.
Il s’agit de la “House Bill 1232”. Le projet ne sera pas adopté. Son auteur, Keith Kidwell, est le seul à le défendre. Son cosignataire initial s’est retiré. Le président républicain de la Chambre a lui-même déclaré que ce texte “n’a aucune chance d’avancer”. Affaire classée, donc ?
Pas tout à fait.
Car l’objectif d’un tel texte n’est pas forcément d’être voté. Il est d’exister. D’être lu, relayé, débattu. De poser dans l’espace public l’idée qu’une femme qui avorte commet un m€urtre, et que la tuer pourrait, dans cette logique, constituer un acte de légitime défense. Une fois cette idée formulée, au sommet de l’Etat et dans un pays comme les États-Unis de surcroît, elle ne disparaît pas. Elle s’installe et crée un climat de peur et d’incertitude pour les femmes souhaitant recourir à l’avortement sécurisé.
Ce mécanisme a un nom : la fenêtre d’Overton, c’est-à-dire la fenêtre de ce qui est politiquement acceptable. En repoussant les limites du droit à l’avortement vers l’extrême, ce politicien anti-droits redéfinit le centre. Ce qui était inacceptable hier devient modéré aujourd’hui (comme les obligations d’échographie, la complication des procédures etc).
Cette actualité nous renvoie a la célèbre citation de la militante kenyane et prix Nobel de la paix Wangari Maathai, quand elle disait notamment que “Les droits humains ne sont pas des choses qui sont mises sur la table pour que les gens puissent en profiter. Ce sont des choses pour lesquelles on se bat et qu’on protège ensuite.”
Partout dans le monde aujourd’hui, les droits des femmes sont menacés. À travers des lois qui nient leurs existences et leur droit de décider, mais aussi à travers des idées extrémistes, qui occupent le débat public et s’installent progressivement dans l’inconscient collectif.









