Cap-Vert : le pays africain le plus accueillant pour les LGBTQ+

Le Cap-Vert est considéré comme l’un des pays les plus tolérants et les plus sûrs d’Afrique pour la communauté LGBTQ+.

“Presque dans un paradis”

Selon l’Equality Index d’Equaldex, une plateforme qui évalue les données législatives et résultats de sondages d’opinion pour évaluer la situation des personnes LGBTQ+ dans le monde, le Cap-Vert est l’endroit le plus accueillant du continent africain pour les membres de cette communauté, du moins en matière d’acceptation sociale.

Le pays se classe deuxième au classement général africain, avec un score global de 65 points, derrière l’Afrique du Sud (72). Mais si on se concentre sur la perception sociale publique, l’archipel prend la tête : 77 points, contre 58 pour l’Afrique du Sud.

Cette réputation de pays ouvert à la diversité sexuelle, le Cap-Vert l’a construire depuis au moins deux décennies. L’homosexualité y est légale depuis 2004, tandis que les discriminations à l’emploi fondées sur l’orientation sexuelle sont interdites depuis 2008. Un cadre, modeste, mais suffisamment rare sur le continent pour faire la différence.

Ancienne colonie portugaise, le Cap-Vert avait hérité du code pénal de l’époque coloniale portugaise qui criminalisait les relations homosexuelles entre adultes consentants. Avec une population d’environ 530 000 habitants répartis sur douze îles, l’économie du Cap-Vert repose en grande partie sur le tourisme, une ouverture sur le monde, qui n’est probablement pas étrangère à ses attitudes sociales progressistes.

“Aujourd’hui, nous vivons ici [au Cap-Vert, ndlr] presque dans un paradis, mais cela est le fruit d’un travail acharné”, a confirmé Walter Pires, enseignant cap-verdien et comédien de théâtre amateur, à l’AFP.

Le pays d’Amilcar Cabral a aussi marqué les esprits il y a quelques semaines en disputant sa toute première Coupe du monde de football, et en atteignant les seizième de finale avant d’être éliminé par l’Argentine de Lionel Messi, aux tirs au but.

L’Afrique du Sud : les meilleures lois, pas nécessairement la meilleure vie

L’Afrique du Sud demeure toutefois le pays africain offrant les protections juridiques les plus avancées pour les personnes LGBTQ+. Sa Constitution interdit les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle depuis 1996, le mariage entre personnes de même sexe y est légal depuis 2006 et les couples homosexuels peuvent adopter des enfants. Malgré ce cadre juridique exemplaire, les violences homophobes et les crimes de haine restent une triste réalité dans le pays.

“Les homosexuels ne respireront plus dans ce pays”

Cette phrase a été prononcée au Sénégal, pays voisin du Cap-Vert. Elle est de Diaraye Bâ, députée du Pastef, le parti au pouvoir d’Ousmane Sonko, à la tribune de l’Assemblée nationale lors du vote d’une nouvelle loi en mars 2026.

Le texte double les peines encourues pour relations homosexuelles, alourdit les amendes, et crée deux nouvelles infractions : la “promotion” et le financement de l’homosexualité, passibles de lourdes sanctions. Un contraste saisissant entre deux pays séparés par moins de deux heures de vol.

Malheureusement, le Sénégal n’est pas un cas isolé. Le Niger vient de franchir un seuil supplémentaire : son nouveau Code pénal, promulgué en février 2026, mais rendu public en juin, criminalise pour la première fois explicitement les relations entre personnes de même sexe, avec des peines allant jusqu’à vingt ans de prison.

Au Ghana, le parlement a adopté le 29 mai 2026 une version révisée d’une loi controversée qui élargit les infractions existantes. Le texte attend toujours la signature du président John Dramani Mahama.

Situation globale sur le continent

Dans l’ensemble, environ 33 pays africains criminalisent aujourd’hui les relations homosexuelles entre adultes consentants. La liste comprend notamment l’Algérie, le Burkina, le Burundi, le Cameroun, les Comores, l’Égypte, l’Érythrée, l’Éthiopie, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Kenya, le Libéria, la Libye, le Malawi, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, la Tanzanie, le Togo, la Tunisie, l’Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe. Dans certains de cas, comme en Ouganda, en Mauritanie ou dans plusieurs États du nord du Nigeria appliquant la charia, les peines peuvent inclure la réclusion à perpétuité ou la mort.

A ce jour, il reste une vingtaine de pays africains qui ne criminalisent pas les pratiques homosexuelles, même si, dans la grande majorité d’entre eux, le regard social reste hostile et les protections légales quasi inexistantes. Le Cap-Vert, dans ce tableau, fait figure d’exception.

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