
Michaely Bihina participe à la Coupe d'Afrique des Nations, avec un seul objectif en tête : gagner.
Le Cameroun n’était pas censé être là. Repêché de justesse, sans avoir réussi à se qualifier, l’équipe débarquait au Maroc avec l’étiquette d’invitée de last-minute. Et puis il y a eu Michaely Bihina. À 22 ans, cette gardienne a changé les règles du jeu.

Michaely Bihina participe à la Coupe d’Afrique des Nations, avec un seul objectif en tête : gagner.
Un parcours improbable
Michaely n’a pas eu un début de tournoi tranquille. Née à Yaoundé, elle a grandi en acceptant un changement de trajectoire que peu auraient vu venir. Attaquante à l’origine, son entraîneur l’a repositionnée gardienne en reconnaissant qu’à 1,80 mètre, elle serait bien plus utile entre les poteaux. Six mois après ce changement de poste, elle était appelée en équipe nationale. Une transition rapide, et réussie.
Avant le match contre le Nigéria en quarts de finale, peu de gens connaissaient son nom. Dix fois champion d’Afrique, tenant du titre, favori indiscuté peu de personnes croyaient que le Cameroun pouvait gagner. Michaely a stoppé neuf tentatives. Le Cameroun a remporté 1-0. À partir de là, une nation entière a compris que quelque chose d’extraordinaire était en train de se produire.
La nuit du Maroc
Mercredi 12 août, stade Moulay El Hassan de Rabat. Le Maroc joue à domicile. Avec 70 pour cent de possession en première période, les Lionnes de l’Atlas dominent largement. Elles frappent, cherchent, essayent, encore et encore. Mais pendant cent vingt minutes, aucun but ne passe. Le public marocain s’agite, s’impatiente. Côté camerounais, pas ou peu d’espoir. Les joueuses marocaines dominent toujours le match. Le Cameroun est en difficulté.
Puis, à la cent dix-septième minute, un penalty. La VAR a parlé. C’est le moment que les Marocaines attendaient, cette dernière occasion qui peut changer l’histoire déjà écrite. Michaely s’avance, plonge du bon côté. La tentative de Fatima Tagnaout s’écrase sur sa main. Le Maroc vient de voir s’envoler sa dernière vraie chance.
Après les prolongations, place aux tirs au but. Michaely arrête le deuxième penalty marocain. Puis un troisième. Et un quatrième. Trois arrêts lors de la séance fatidique. Le Cameroun s’impose 3-1 aux tirs au but.
la gardienne, désormais surnommée “l’araignée noire” ou encore “le mur de Berlin”, reçoit le titre de femme du match pour la deuxième fois consécutive. En deux matchs décisifs, elle a fait chuter deux grandes Nations de foot. Sans doute les deux plus grandes menaces du Cameroun. Elle devient alors LE nom qu’on scande dans les tribunes, dans les bars, dans les maisons et sur les réseaux sociaux.
Un talent qui surpasse les générations
Michaely s’inspire de la longue tradition camerounaise des grands gardiens, mais elle n’en est pas l’ombre. Elle est une artiste du poste avec un niveau technique qui égale ou surpasse celui de nombreux gardiens masculins. Son jeu au pied, en particulier, est remarquablement précis. Rare dans le poste, il lui permet de relancer l’attaque avec une aisance que peu possèdent.
Ce qui se passe au Maroc est l’émergence d’une gardienne au talent prodigieux. Elle joue pour Benfica au Portugal, un club d’élite. Elle y a remporté le championnat et la Coupe trois mois avant cette CAN. C’est à ce niveau, contre les meilleures attaquantes du football européen, qu’elle s’est forgée.
À la CAN, elle ne découvre pas le jeu de haut niveau. Elle le maîtrise déjà et cela change tout.
En route pour l’histoire
Le Cameroun se retrouve pour la quatrième fois en finale de la CAN. Cette fois, face au Malawi qui participe à sa première CAN et qui a réussi à déjouer tous les prognostics.
Michaely aura l’occasion de montrer à nouveau son immense talent. Elle s’appelle Michaely Kyria Bihina. À 22 ans, elle a fait tomber deux géants. Elle pourrait en mettre un troisième sous ses pieds et offrir aux Lionnes indomptables leur premier sacre continental.









